On entend souvent que donner de son temps fait du bien.
Mais est-ce vrai à tout âge ?
Et surtout, à partir de quand cela devient réellement bénéfique pour la santé mentale ?
Une grande étude britannique apporte une réponse nuancée… et très intéressante pour le bien vieillir.
Une étude solide, menée sur toute la vie adulte
Les chercheurs ont analysé les données de plus de 66 000 observations issues du British Household Panel Survey, une vaste étude longitudinale menée au Royaume-Uni sur plus de 10 ans.
👉 Le bien-être mental a été évalué à l’aide du GHQ-12, un outil reconnu pour mesurer la détresse psychologique (stress, anxiété, moral).
👉 Les participants ont été classés selon leur fréquence de bénévolat :
- jamais,
- rarement (une fois par an ou moins),
- occasionnellement (quelques fois par an / par mois),
- régulièrement (au moins une fois par semaine).
Avant 40 ans : peu d’effet sur le moral
Premier résultat surprenant :
👉 avant 40 ans, le bénévolat n’est pas clairement associé à une meilleure santé mentale.
Pourquoi ?
Les auteurs avancent une hypothèse simple et crédible :
à cet âge, le bénévolat peut être vécu comme une contrainte de plus (travail, enfants, obligations sociales), plutôt que comme une source de sens.
Après 40 ans : un bénéfice net et durable
C’est après 40 ans que les choses changent nettement.
👉 Les personnes qui font du bénévolat présentent :
- moins de détresse psychologique,
- un meilleur équilibre émotionnel,
- et ce bénéfice augmente avec l’âge, jusqu’à un âge avancé.
Point clé :
✔️ Même un bénévolat occasionnel est associé à un meilleur bien-être mental que l’absence totale d’engagement.
Autrement dit :
Il n’est pas nécessaire de s’engager intensivement pour en ressentir les effets positifs.
Pourquoi le bénévolat devient si précieux en avançant en âge ?
Plusieurs mécanismes expliquent ces résultats :
- Sentiment d’utilité : se sentir encore utile nourrit l’estime de soi.
- Lien social : le bénévolat entretient les relations et lutte contre l’isolement.
- Sens et continuité : il donne une place, un rôle, au-delà du travail ou des contraintes familiales.
- Protection psychologique : ces facteurs deviennent cruciaux à la cinquantaine, à la retraite, et au grand âge.
Les chercheurs montrent d’ailleurs que 65 % des variations du bien-être mental s’expliquent par l’évolution des situations de vie au fil du temps — une vraie approche du parcours de vie.
Ce que cette étude change pour bien vieillir
Cette étude envoie un message clair et rassurant :
👉 Il n’est jamais trop tard pour commencer.
👉 Même un engagement modeste compte.
👉 Le bénévolat n’est pas qu’un acte altruiste : c’est aussi un investissement santé.
Pour les plus de 45–50 ans, le bénévolat apparaît comme un levier simple, accessible et peu coûteux pour préserver son équilibre mental.
À retenir
- ✔️ Le bénévolat améliore le bien-être mental surtout après 40 ans
- ✔️ L’effet est présent même avec une pratique occasionnelle
- ✔️ Il joue un rôle clé dans le bien vieillir, aux côtés de l’activité physique, de l’alimentation et du lien social
Source : étude longitudinale britannique publiée dans BMJ Open (2016), menée sur plus de 66 000 observations.


