Vieillir en bonne santé : surveiller où se loge la graisse

Graisse corporelle et sexe un facteur clé du cœur

Une étude de grande ampleur montre que la localisation de la graisse dans le corps, différente chez les hommes et les femmes, influence la vitesse à laquelle notre cœur et nos artères vieillissent.


Quand la graisse ne se vaut pas

On pense souvent que seul l’excès de poids compte. Pourtant, deux personnes avec le même indice de masse corporelle (IMC) peuvent vieillir différemment sur le plan cardiovasculaire. Tout dépend d’où se loge la graisse.

  • La graisse viscérale, située autour des organes, s’avère particulièrement néfaste : elle accélère le vieillissement du cœur et des vaisseaux, aussi bien chez les hommes que chez les femmes.
  • La graisse hépatique (dans le foie) et l’infiltration de graisse dans les muscles sont également associées à un vieillissement plus rapide.

À l’inverse, certains dépôts graisseux peuvent être protecteurs, notamment chez les femmes.


Hommes et femmes : deux profils différents

L’étude, menée auprès de plus de 21 000 participants de la UK Biobank, révèle des différences marquées entre les sexes :

  • Chez les hommes, la graisse abdominale et androïde (autour de la taille) est fortement liée à un vieillissement cardiovasculaire accéléré.
  • Chez les femmes préménopausées, la graisse gynoïde (hanches et cuisses) semble jouer un rôle protecteur, possiblement grâce aux effets des œstrogènes. Après la ménopause, cette protection s’atténue.

Ces résultats confirment que la répartition de la graisse, et non seulement son volume, est une clé de compréhension du vieillissement cardiovasculaire.


Prévention : bouger, manger, surveiller

La bonne nouvelle : certains leviers sont accessibles à tous.

  • Activité physique régulière : elle améliore la santé cardiovasculaire même chez les personnes en surpoids.
  • Alimentation équilibrée : limiter l’excès calorique, privilégier les fibres, les fruits, les légumes, les oméga-3.
  • Suivi médical : surveiller le tour de taille, la santé du foie, la glycémie et le cholestérol peut donner des indices précieux sur un risque de vieillissement accéléré.

Enfin, de nouvelles pistes thérapeutiques (comme les traitements ciblant la graisse viscérale) sont en cours d’étude.


En résumé

Cette recherche met en lumière un fait simple : la graisse n’est pas neutre, mais son emplacement compte autant que sa quantité. Comprendre et agir sur cette répartition pourrait devenir un outil majeur pour préserver la santé cardiovasculaire et prolonger la durée de vie en bonne santé.


À retenir :

  • La graisse viscérale est l’ennemie du cœur, quel que soit le sexe.
  • Chez les femmes, la graisse gynoïde joue un rôle protecteur avant la ménopause.
  • L’IMC seul n’est pas un bon indicateur : mieux vaut surveiller le tour de taille et la composition corporelle.

Photo créée par Freepik

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